L’église Saint-Amand en pierre de Tournai est une petite merveille de l’art gothique.
Classée « Monument Historique » depuis 1934, elle a fait l’objet d’une restauration radicale en 1910 par l’architecte Constant SONNEVILLE, sous l’impulsion de l’Abbé César RENARD, curé de la paroisse de 1905 à 1924.
Son histoire :
Au VIe-VIIe siècle, Amand, « l’apôtre des Flandres », apporte la religion chrétienne dans la vallée de l’Escaut, de la Scarpe et dans le Nord de la Gaule.
Patron de 27 églises du diocèse de Tournai (Néchin, Marquain, Lamain, Obigies, Warcoing, etc.), Saint-Amand est le protecteur de l’église de Bailleul. Le porche d’entrée de l’église est d’ailleurs surmonté d’une statue de son saint patron.
L’édifice gothique est construit en « pierre de Tournai » aux XIIIe et XVe siècles. La flèche date, elle, de 1772 et est placée au centre de l’édifice. Elle s’aperçoit depuis toutes les directions.
Au moment de sa construction, de la paille recouvrait le sol de l’église, afin d’éviter les surcharges de boue dues à l’état des chemins.
Au XVIe siècle, des habitants de Bailleul convertis au protestantisme sont condamnés et exécutés par le Conseil des Troubles.
Ainsi, le 21 juillet 1568, le barbier de Bailleul est décapité. Allant au supplice, il rencontre sa femme. On lui permet alors de lui donner un dernier baiser sur la joue.
Le 29 décembre de la même année, on brûle tout vif le fils Monsnier de BAILLEUL. Avec 3 autres, il est mis sur une roue près de la justice de Maire.
Le 26 avril 1569, le coutelier de Bailleul est aussi décapité sans dire un seul mot.
Après le départ du duc d’Albe, on accorde un pardon général aux villageois en juin 1574.
Mais dix Tournaisiens ne bénéficient pas de cette amnistie ; parmi eux, Antoine de LANNOY, seigneur de Bailleul « qui avait offensé Dieu et Sa Majesté ».
En 1909, le curé du village, l’Abbé César RENARD, entreprend de restaurer l’église.
L’édifice est ensuite classé « Monument Historique » en 1934.
Dans l’église…
Jadis, les gens riches se faisaient enterrer dans les églises, pour être sûr d’aller plus directement au paradis.
Lors de la restauration de l’église de Bailleul, en 1909-1911, on prit garde de sauver les dalles funéraires du pavement en les insérant dans les murs du transept.
La plupart sont en marbre blanc et leurs inscriptions contenaient du bitume. L’ensemble de ces dalles dresse le portrait de la catégorie sociale aisée du village sous l’Ancien Régime (avant la Révolution française), celle des baillis (Laurent DU BUS), pasteurs, clercs (Jacques BOUSMART), maréchal (Antoine MORLIGHEM), mais aussi des laboureurs, des censiers (ces derniers sont identifiés par le dessin d’une herse triangulaire, généralement au-dessus de leur nom).
On peut trouver sur certaines d’entre elles le dessin d’un sablier ailé, qui symbolise le temps suspendu, « O temps suspends ton vol… » [Alphonse de LAMARTINE].
Derrière le maître-autel de l’église, dans le bas du vitrail, une croix sur un blason peut faire penser à une croix gammée. Mais ce n’est pas de la croix hitlérienne, orientée l’autre sens, dont il s’agit ici. C’est simplement un symbole indo-européen très ancien que l’on trouve dans plusieurs civilisations.
Ici, il correspond au blason de Madame STIENNON DU PRE-VAN ELEWYCK, propriétaire de (la ferme de) la Beuvrière à Bailleul et bienfaitrice de l’église. Le même blason orne un vitrail de l’église Saint-Nicolas de Tournai.
Le saviez-vous ?
Jusqu’à il y a quelques années encore, de nombreux pèlerins venaient toujours en l’église, chaque 17 janvier, implorer la protection de Saint-Antoine-l’Ermite contre la peur, les maladies de peau et de bouche et les épidémies.
Parmi eux figuraient des agriculteurs de tous les villages des environs, qui venaient afin de préserver leur cheptel des maladies.






