Après la balade de Bailleul, le comité « Estaimpuis, village par village » poursuit son travail de création de promenades thématiques et inaugurera bientôt ses Chemins de la Mémoire. Un tracé à la découverte de l’histoire de nos villages durant la période des deux Guerres mondiales. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré Philippe Michiels, historien aussi passionné que passionnant à la tête de ce projet :
A quoi correspondent les Chemins de la Mémoire ?
Comme son nom l’indique, les Chemins de la Mémoire sont un tracé à parcourir sur les sites qui nous rappellent l’engagement de nos prédécesseurs pour notre liberté. Les événements les plus tragiques se sont déroulés pendant les deux guerres mondiales du XXe siècle, il n’y a pas si longtemps…
Dans notre entité comme ailleurs, nous avons été envahis, occupés puis libérés. C’est en nous rendant sur ces différents lieux que le devoir d’histoire, travail de mémoire, agit pleinement avec la nécessité de savoir ce qui s’est passé pour réfléchir aux bonnes décisions à prendre aujourd’hui.
Que pourront découvrir les marcheurs, cyclistes et autres passionnés d’histoire ?
En premier lieu, les endroits dédiés à la mémoire : les monuments aux morts et les cimetières où les soldats et résistants morts au combat sont mis à l’honneur (sépultures de guerre belges et britanniques).
Mais aussi, les endroits où se sont déroulés des événements extraordinaires. Citons, par exemple, en 1914-1918 : le dynamitage de l’église de Néchin par les Allemands en 1918, le dynamitage des ponts et écluses du canal de l’Espierre en 1918, un champ d’aviation allemand à Néchin… En 1940-1945, on recommence : les Britanniques font sauter les ponts sur le canal de l’Espierre en mai 1940, les combats à Estaimpuis et le bombardement d’Estaimbourg en mai 1940, les actions de la résistance surtout à Saint-Léger, la chute d’un P38 américain à Evregnies en 1944 et son pilote sauvé par la résistance et exfiltré par un réseau d’évasion jusqu’en Angleterre (voir Maison du Patrimoine), les combats de Saint-Léger du 3 septembre 1944… Et encore bien d’autres anecdotes sur ces périodes fascinantes.
L’histoire de notre entité est-elle riche ? Quels sont les faits les plus marquants ?
Oui. Notre entité a une histoire riche. Pour ne donner que quelques exemples, nous pouvons notamment nommer Les Templiers à Saint-Léger (la ferme du Temple XIIIe s.), le château de la Royère à Néchin (XIe s.), le château de Bourgogne à Estaimbourg (1854), les fermes anciennes (Sotru et la Beuvrière à Bailleul (XIVe-XVe s.), la ferme de la Motterie (XVIIe-XVIIIe s.) à Leers-Nord…
Les églises sont également des témoins de l’histoire locale, par ordre de construction nous retrouvons : Evregnies au XIe s., Saint-Léger au XIIIe s., Bailleul au XIIIe s., Néchin au XIIIe s., Estaimpuis au XVIIIe s., Estaimbourg au XVIIIe s., Leers-Nord au XIXe s. Elles sont également extrêmement symboliques et ont souvent souffert des conflits de la région. Ainsi, en 1566, les guerres de religion touchent nos villages et les Gueux (Hurlus) incendient l’église de Saint-Léger et de Néchin. Le 18 juillet 1693, alors que la guerre gronde entre la France de Louis XIV et la Ligue d’Augsbourg, unissant les grandes puissances européennes, dont les Provinces-Unies, l’Angleterre et le Saint Empire romain germanique (guerre de Neuf Ans), les troupes coalisées contre la France incendient l’église et le village d’Evregnies ainsi que ceux de Saint-Léger et Estaimpuis.





