Ferme de Sotru

La ferme de Sotru est l’une des plus vieilles fermes de Bailleul et contient les vestiges d’un « château-fort » (ou en tous cas d’une riche résidence) ayant appartenu à Gilles LE BRUN DE TRAZEGNIES (1199-1276), un haut personnage de l’histoire de France.

Homme de confiance de Saint Louis (Louis IX), Gilles LE BRUN fut nommé « Connétable de France » en 1250, soit le deuxième personnage en importance … après le roi !

Il épousa Ida DE SOTRU DE « BAILLEUL-SUR-L’ESCAUT », et fonda en 1254, dans cette maison, une chapelle où devait se célébrer une messe journalière.

Philippe POUTRAIN, père du célèbre historien de Tournai, occupait cette ferme en 1684. Elle passe ensuite aux DELRUE.  Vendue en 1909 à Alphonse FRETEUR, fermier, elle est aujourd’hui propriété de Madame DHAENE.

Mais pourquoi un porche si imposant ?

Parmi les composantes d’une ferme de manière générale et de cette ferme en particulier, le porche tient d’ordinaire une bonne place.

Point de passage obligé pour tout ce qui vient de l’extérieur, il peut aussi être chargé de signifier au-dehors l’importance et la qualité sociale de l’exploitation, comme c’est le cas ici.

Le porche « de Sotru » constitue à lui seul un petit volume se détachant de l’aile à rue. Composé de deux niveaux, il combine les deux matériaux que sont la brique locale et la pierre de Tournai, ce qui caractérise la facture traditionnelle des fermes-manoirs des XVIe et XVIIe siècles.

La pierre, coûteuse, constitue les éléments d’armature, comme le soubassement en blocs taillés, les cordons larmiers, la clé de voûte moulurée.  Quant à la brique, elle est maçonnée en épis ou « dents de scie » sur les rampants des pignons du porche, ce qui permet à l’eau de glisser sur leur tranche sans trop d’infiltration.

Des ancres déterminent l’année de construction : 1687.  

Mais comme déjà dit plus haut, la ferme de Sotru puise son origine bien plus loin dans le temps.

Au Moyen-Âge, elle était en effet le siège d’une seigneurie importante comprenant « manoir, granges, bois (au nord), chaingles, courtils, le tout entouré de fossés (…), des terres labourables, prés, pâtures ; un vinage sur les chariots et les bêtes, des rentes en blé, avoine, cire, pain, oies, vin et argent »