La ferme de la Beuvrière est un joyau de l’architecture rurale et un exemple remarquable de restauration du bâti ancien.
Elle était l’un des établissements agricoles les plus importants du canton de Templeuve.
Au XVIᵉ siècle, Baudouin d’AUBERCHICOURT, seigneur des lieux, possédait ce domaine couvert d’un toit de chaume et possédait presque au même endroit un moulin, des rentes, de même qu’un bois.
Un testament daté de 1530 mentionne les familles du domaine.
Ensuite la ferme passa aux mains des DOULEHAIN (XVIIᵉ siècle), des DE POLLINCHOVE (XVIIIᵉ siècle), des DU RUS BAUDESEON (1865).
Quant aux censiers ou exploitants directs, le premier connu est Toussaint WATTEGNE (1531), ensuite Gaspard BAUDESON (1665), ensuite Laurent DU BUS (1731) et sa descendance (XVIIIᵉ siècle).
Outre les traits propres à l’architecture régionale, comme l’appareillage traditionnel en briques, la couverture en pannes, les épis, les coyaux, on trouve ici les « wimbergues » ou « pignons débordants » destinés à protéger le bâtiment.
Bâtie en briques fabriquées sur place, elle comporte plusieurs caractéristiques des fermes de chez nous : les « coyaux » ou « bas de toits relevés » permettant de rejeter les eaux de pluie loin des fondations, les « wimberges » (du flamand « wind », « vent », et « bergen », « cacher, abriter »), ces rehaussements de pignons destinés à protéger la couverture en chaume (de l’époque) des coups de vent.
La clé de l’arche du porche est frappée d’un écu millésimé : 1749. Celui-ci n‘est plus observable à cet endroit aujourd’hui mais sur la façade de la grange (sur la droite).
Avant 1789, le seigneur de la Beuvrière avait bailli, lieutenant, sergents messiers, hommes de fief et autres officiers pour garder, maintenir et juger ses droits, lois et amendes.
Depuis 1713, la Beuvrière a été occupée par les DU BUS. Aujourd’hui elle est la propriété de Monsieur DE BRABANDERE, qui prend le plus grand soin de ses bâtiments.
À noter : au XIXe siècle, les habitants de Bailleul s’occupaient de filer le lin à domicile. Mais aussi, le sol productif donnait un tabac d’une qualité très supérieure, fort apprécié par les amateurs de Tournai.






