Cimetière de Bailleul

Avant d’arriver au cimetière, repérez sur la façade de la maison qui fait le coin de la rue le nom de celle-ci et … le dernier blason du village.

Mais quelle est son origine ?

L’origine de son blason remonte au mariage de Marie-Alexandrine et de Louis-Joseph de BRIAS, seigneur de Royon, des Préaux, nommé Marquis de Royon.

Nous retrouverons leurs descendants parmi les comtes de Bailleul.

Ce blason représente les armes de « de BRIAS » : d’or à la fiasce de sable surmontée de 3 cormorans du même becqués et membrés de gueules, rangés en fasce.

Leur petit-fils, Ferdinand-Philippe-Bernard de BRIAS épouse Marie-Caroline-Robertine, une « petite petite petite cousine » (éloignée) et est chevalier de l’Ordre Royal et militaire de Saint-Louis, capitaine au régiment du roi d’infanterie.

Il eut un fils, Charles-Eugène-Bernard de BRIAS, dernier comte féodal de Bailleul.

À sa mort, il y avait trois grandes familles à Bailleul. Les « de BRIAS », les « RENTY » et les « HUMIERES ».

En 1913, le conseil communal de Bailleul présenta sa requête à l’effet d’être autorisé à faire usage des armoiries du plus ancien seigneur connu de la localité, Gille-le-Brun dit
« de TRASEGNIES ».

Mais le conseil héraldique fit observer que « d’après ses lois, ce serait plutôt le dernier sceau en usage sous l’ancien règne dans la seigneurie de Bailleul qui devrait être reconnu à cette commune ».  C’est ainsi que ce blason fut conservé.

Dans le cimetière…

A l’intérieur, vous pourrez retrouver plusieurs particularités…

1. Grille du cimetière

La grille du cimetière de Bailleul témoigne d’un art consommé de la ferronnerie.  Scellée dans un socle en pierre, elle fut probablement réalisée vers 1915, en même temps que l’aménagement du nouveau cimetière.  Cercles de métal, volutes et fleurs de lys se profilent nettement sur le ciel.

C’est la plus belle grille de tous les cimetières de l’entité d’Estaimpuis.

2. Tombe de Albert DUMORTIER

Les plaques identifiant les « Anciens Combattants » dans les cimetières disparaissent peu à peu, mais il en reste encore quelques-unes à Bailleul.

A. DUMORTIER, par exemple, né à Bailleul le 30 juin 1894, était soldat au 7ème de ligne. Il est tombé à Steenstraete le 4 avril 1916.  Il reçut la croix de Chevalier de l’Ordre de Léopold II avec palme, la croix de guerre avec palme, et la médaille commémorative 1914-18.

Sur la croix en pierre, une couronne d’immortelles, symbole d’éternité, recouvre la palme des martyrs.

3. Monument HUBAUT-  DU BUS

Ce monument fait partie d’un ensemble de monuments importants, appartenant à des familles de « gros » fermiers de Bailleul, apparentées les unes aux autres.

Sur le monument HUBAUT – DU BUS, de style néo-gothique, un style d’obédience plutôt catholique, une pleureuse debout, en ronde-bosse, tend son visage vers le ciel en tordant ses mains de douleur.

« Doux cœur de Marie soyez mon Salut » est gravé sur le socle.

Odile HUBAUT, fermier et Secrétaire communal de Bailleul de 1877 à 1913, avait épousé Odile DU BUS, et habitait la ferme de Lassus située près de la Place du village.

4. Monument DU BUS – MAZURE

DU BUS est un nom fort répandu dans l’entité d’Estaimpuis.  Les DU BUS sont originaires de Bailleul. Avant d’être censiers de la Beuvrière, ils étaient censiers de la ferme du Temple à Saint-Léger.

Sur leur tombe, on peut lire une partie de leur descendance : Léon DU BUS (1881-1925), Emile DU BUS (1890-1951), Laurence DU BUS (1886-1958), Maria DU BUS (1888-1960), Marie MAZURE (1850-1918), Louis DU BUS (1849-1903), Louis DU BUS (1883-1900).

Requiescat In Pace (qu’ils reposent en paix) et une étoile à cinq branches, symbole de la lumière dans les ténèbres, habillent ce monument.

5. Monument FRETEUR – DEPRES

Deux palmes et une tête d’angelot en bronze ornent ce beau monument de style néoclassique, ponctué de colonnes « à l’antique ».  Alphonse FRETEUR (1834-1924) et son épouse Sidonie DEPRES étaient fermiers de Sotru.

Une balustrade en pierre délimite toujours le pourtour de la concession.

6. Monument MARTIN – FRETEUR

On la croirait vivante, cette pleureuse en marbre blanc agenouillée sur le caveau des MARTIN-FRETEUR, fermiers à Bailleul.  Ses pieds, notamment, et tout son corps qui se devine sous les plis du drapé, sont hyperréalistes.
Cette sculpture est l’œuvre d’un artiste anonyme confirmé.

7. Monument LIEGEOIS – MEYRANT

Un ange en bas-relief, aux longs cheveux déployés et aux grandes ailes dépliées, pleure le décès de l’institutrice du village, Madeleine LIEGEOIS (1905-1943).  Elle enseignait à l’école des filles.  Son mari, Maurice MEYRANT, était l’instituteur des garçons.
Une plaque indique « les élèves de l’école communale de Bailleul à leur maîtresse bien-aimée ».

8. Monument DELCROIX – BAEGHE

Encore une pleureuse !  En bas-relief cette fois, et à genou sur la tombe des cultivateurs Désiré DELCROIX (1877-1944) et Maria BAEGHE (1881-1972).
Elle tient des roses dans sa main, symbole de l’amour partagé.

9. Monument aux morts

« Magnifique monument calvaire élevé en souvenir des soldats de la commune tombés au champ d’honneur (CLEMENT Louis, DUMORTIER Albert, GRIMONPREZ Paul, WAROUX Gustave NOTTEBAERT Marcel) et de ses déportés morts, victimes de la barbarie teutonne (BOSSUT Lucien, DEPOORTERE Félix, LABEHAUT Charles, LIENART Gustave, VERLEYEN Joseph, VERMEIRSCH Robert) », il est l’œuvre du
sculpteur-statuaire tournaisien Fortuné DEROUBAIX et fut inauguré le dimanche 8 mai 1921.

Aux pieds du Christ en marbre blanc, d’un seul bloc, un soldat belge en équipement de 14-18 présente la palme et la couronne de la victoire, et un déporté en guenille, pieds nus dans ses sabots, tient la hache et la faucille.

Sous ce monument, frappé du blason communal (celui de la famille DE BRIAS, originaire de l’Artois, dernier seigneur de Bailleul), est enterré l’abbé César RENARD, initiateur de la restauration de l’église et auteur de la monographie de Bailleul (vous pouvez lire l’épitaphe derrière le monument).

Durant la guerre 14-18, pour éviter qu’on enlevât ses hommes comme chômeurs, l’abbé les fit travailler à la cure, niveler l’ancien cimetière et construire le mur de pourtour.

10. Trois tombes du Commonwealth

Ces trois jeunes soldats anglais ont très probablement été tués lors des violents combats de la bataille de l’Escaut, du 19 au 23 mai 1940.  Ils ont dû succomber à leurs blessures au poste de secours de Bailleul, situé à l’arrière du front.

Comme vous pouvez le lire, F.E. COURT était dans les Coldstream Guards, un régiment qui tenait le front de l’Escaut à Pecq et dont le QG se trouvait à Bailleul. H.S.E. LITTLE faisait partie des Grenadier Guards, campés à Esquelmes.
L. FORMSTON était dans la Royal Artillery.

La bataille de l’Escaut s’est soldée par une victoire allemande, le 23 mai (1940) au matin, mais au prix de lourdes pertes : 62 Allemands et 49 Britanniques tués, sans oublier les blessés.

11. Croix en fonte

Les croix en fonte dans le cimetière sont des témoignages irremplaçables d’un artisanat funéraire devenu obsolète.  Malheureusement, elles sont souvent vouées à la démolition à cause du manque de place dans les cimetières.

Produites entre 1850 et 1940 dans des fonderies, il en existe plusieurs modèles, que l’on retrouve identiques d’un bout à l’autre de la Wallonie.

Ces quatre croix sont du même type.  Elles présentent chacune un Christ en croix rayonnant, parfois accompagné du symbole du sablier ou de la tête de mort.

Une seule d’entre elles sort de l’anonymat : elle appartient à Vital DERNICOURT.

12. Croix en pierre d’Eugène VERMEERSCH

Eugène VERMEERSCH (1876-1929) n’est pas un personnage illustre de Bailleul.  Il était simple ouvrier tanneur, père d’enfants sourds-muets.  Mais sa stèle en pierre, avec son portrait sur porcelaine, présente un bon état de conservation qui lui valut d’échapper à la démolition pour être conservée à cet endroit.

« La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné où misent sans honneurs des morts qu’ils n’ont cessé de chérir » [Marguerite YOURCENAR, Les Mémoires d’Hadrien]

13. Croix en pierre de Flora PONDEVILLE

Remarquable petite croix en pierre, échancrée et gravée d’une pensée. Mademoiselle Flora PONDEVILLE est morte en 1917, à l’âge de 8 ans, du croup, une maladie qui était la plus grande cause de mortalité infantile à la fin du XIXe siècle (3000 cas en France en 1924).

Cette stèle fait aussi partie de la liste de sauvegarde des tombes anciennes de Bailleul.