Destinée à protéger la ferme et ses habitants, cette potale fut construite en 1955 à l’occasion de la communion des trois enfants de la maison. Il est fort plausible que Notre-Dame de Fátima à Bailleul soit liée à cette grande vague de dévotion mariale de l’après-guerre.
L’histoire de Notre-Dame de Fatima :
L’histoire de Notre-Dame de Fátima se déroule au Portugal en 1917, en pleine Première Guerre mondiale.
Trois jeunes bergers, Lúcia dos SANTOS, âgée de 10 ans, et ses cousins Francisco et Jacinta MARTO, âgés de 9 et 7 ans, gardent leurs troupeaux près du village de Fátima.
Selon leur témoignage, le 13 mai 1917, à la Cova da Iria, ils voient une « Dame toute vêtue de blanc », qu’ils identifieront comme la Vierge Marie.
Elle leur demande de revenir au même endroit le 13 de chaque mois pendant six mois et les invite à prier, notamment le chapelet, pour la paix et pour la fin de la guerre.
Les apparitions se poursuivent de mai à octobre 1917. Elles attirent progressivement l’attention de la population et des autorités.
Le contexte portugais est alors particulier : depuis la révolution de 1910, le Portugal est devenu une république fortement marquée par l’anticléricalisme et les tensions entre l’État et l’Église catholique.
Au cours des apparitions, les enfants affirment que la Vierge leur a confié plusieurs révélations qui deviendront les célèbres « secrets de Fátima ».
Ils concernent notamment une vision de l’enfer, la dévotion au Cœur immaculé de Marie, la Russie et les persécutions contre l’Église.
La troisième partie du secret, longtemps conservée au Vatican, ne sera rendue publique qu’en 2000.
Le « miracle du Soleil »
La dernière apparition annoncée a lieu le 13 octobre 1917 devant une foule considérable, généralement estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes. De nombreux témoins déclarent alors avoir observé un phénomène extraordinaire : le Soleil aurait semblé tourner, changer de couleur ou se déplacer dans le ciel.
Cet événement est connu sous le nom de « miracle du Soleil ».
Pour les croyants, il constitue un signe accompagnant les apparitions. D’un point de vue historique, on peut établir que de nombreux témoins ont rapporté avoir observé un phénomène inhabituel, mais son caractère miraculeux relève naturellement de la foi et de l’interprétation religieuse.
Que sont devenus les trois enfants ?
Francisco et Jacinta meurent très jeunes lors de la pandémie de grippe espagnole : Francisco en 1919 et Jacinta en 1920. Ils sont canonisés par le pape François à Fátima le 13 mai 2017, exactement cent ans après la première apparition.
Lúcia devient religieuse et prend le nom de Sœur Lúcia. Elle continue à témoigner des événements de Fátima et rédige plusieurs mémoires. Elle meurt en 2005, à l’âge de 97 ans.
De Fátima à un grand lieu de pèlerinage
L’Église catholique mène une enquête sur les événements et, en 1930, l’évêque de Leiria déclare les apparitions de 1917 « dignes de foi » et autorise officiellement le culte de Notre-Dame de Fátima.
Un vaste sanctuaire s’est progressivement développé autour du lieu des apparitions. Aujourd’hui, le Sanctuaire de Fátima est l’un des principaux lieux de pèlerinage catholique au monde.
Les 13 mai et 13 octobre constituent deux dates particulièrement importantes.
Notre-Dame de Fatima aurait sauvé … le pape Jean-Paul II
Le pape Jean-Paul II fut victime d’un attentat à Rome le 13 mai 1981, jour anniversaire de la première apparition de Notre-Dame de Fátima.
Le pape, grièvement blessé par les tirs de Mehmet Ali AGCA, a survécu.
Très attaché à la Vierge Marie, Jean-Paul II a interprété personnellement sa survie comme liée à la protection de Notre-Dame de Fátima.
Il résumera cette conviction par une formule devenue célèbre : « Une main a tiré, une autre a guidé la balle. »
Un an après l’attentat, le 13 mai 1982, le pape se rendit en pèlerinage à Fátima pour remercier la Vierge. Une des balles qui l’avaient blessé fut ensuite offerte au sanctuaire et placée dans la couronne de la statue de Notre-Dame de Fátima.
Il existe d’ailleurs également un lien avec le fameux troisième secret de Fátima.
Dans le texte révélé publiquement par le Vatican en 2000, les enfants décrivent notamment la vision d’un « évêque vêtu de blanc » qui tombe sous les tirs.
Jean-Paul II et le Vatican ont vu dans cette vision une référence possible à l’attentat de 1981.
Il faut toutefois distinguer ici le fait historique de l’interprétation religieuse : le lien entre la date de l’attentat et Fátima est incontestable ; l’interprétation du troisième secret comme annonçant l’attentat relève de l’interprétation catholique.





